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À toutes les femmes

  • il y a 1 heure
  • 7 min de lecture

À celles qui portent le monde sans toujours savoir à quel point elles sont fortes


Groupe de femmes de différents âges et styles réunies les unes contre les autres, souriantes et solidaires, symbole de sororité, de courage, d’entraide et de force féminine.

Depuis vingt cinq ans, j’écoute des femmes me raconter leur vie. Des femmes divorcées, trahies, abandonnées, des mères qui élèvent seules leurs enfants, travaillent, courent entre l’école, les courses, les rendez vous, les devoirs, les factures et tout ce que personne ne remarque vraiment tant que ça fonctionne.


Des femmes qui font parfois le travail de trois personnes, qui servent de mère, de père, de chauffeur, d’infirmière, de soutien moral et de chef de famille, tout en essayant accessoirement de rester jolies, féminines et à peu près de bonne humeur.


Et parce que la vie moderne aime visiblement nous rendre polyvalentes, beaucoup ont aussi appris à monter un meuble, parler au garagiste, comprendre une chaudière et se servir d’une visseuse.



Pas forcément par passion pour le bricolage, mais parce qu’à un moment donné, il fallait bien que quelqu’un le fasse.

À celles qui ont tenu quand tout partait en morceaux

À celles qui ont pardonné une infidélité, parfois plusieurs, parce qu’elles aimaient encore, parce qu’il y avait une famille, une histoire, des années de vie commune et cette petite voix qui répétait qu’il allait peut être changer. À celles qui ont connu les téléphones retournés sur la table, les explications bancales et les fameux « ce n’est pas ce que tu crois », devenus presque un classique du genre.

À celles qui, après vingt ou trente ans de mariage, ont vu leur mari partir avec une femme parfois à peine plus âgée que leurs propres enfants. À celles qui ont dû encaisser non seulement la rupture, mais aussi le sentiment d’avoir été remplacées, comparées, effacées après avoir consacré une grande partie de leur vie au couple et à la famille.

À celles que l’on a quittées pendant une grossesse.

À celles qui sont tombées malades et ont découvert à ce moment précis que monsieur n’avait finalement pas assez de couilles pour rester lorsque la vie devenait moins confortable.

Et une pensée aussi pour les maîtresses qui ont écouté pendant des mois, parfois des années, les plaintes de ces pauvres hommes « mal mariés », incompris, malheureux, prisonniers d’une épouse qui, évidemment, ne les comprenait plus. Celles qui ont attendu le fameux « je vais la quitter », repoussé de mois en mois, d’année en année.

Et qui ont parfois découvert qu’après avoir attendu tout ce temps, il ne quittait finalement ni sa femme pour elles, ni elles pour sa femme, mais pour une troisième.

Il faut reconnaître qu’en matière de scénario sentimental, certains hommes ont un sens assez particulier du rebondissement.

À celles qui ont voulu sauver quelqu’un

À celles qui sont devenues, par amour, infirmière, psy, médiatrice, garde fou et parfois punching ball émotionnel.

Celles qui ont vécu des années auprès d’un homme avec une addiction, un problème psychologique ou un comportement destructeur, en arrondissant les angles, en excusant, en réparant, en essayant de préserver les enfants et parfois même l’image de leur couple devant les autres.

Celles qui ont encaissé les crises, les promesses de changement, les rechutes, les colères et les journées passées à marcher sur des œufs.

Certaines ont tellement voulu aider l’autre qu’elles se sont complètement oubliées en chemin. Et lorsqu’elles finissent par partir, elles ne sortent pas toujours de là simplement soulagées. Après des années à tenir quelqu’un debout, elles sont parfois elles mêmes complètement vidées.

Et elles doivent alors apprendre cette vérité difficile : on peut aimer profondément quelqu’un sans pouvoir le sauver à sa place.

Mention spéciale aux mamans solo

Maman multitâche représentée avec plusieurs bras, portant son enfant tout en tenant des courses, une casserole, une visseuse, des papiers, un téléphone et une calculatrice, symbole drôle et touchant des mères qui gèrent tout à la fois.

Mention spéciale aux mamans solo, dont j’ai fait partie.

À celles qui ont élevé un enfant, parfois plusieurs, sans véritable relais, sans filet de sécurité et sans personne pour prendre le témoin quand elles étaient au bout du rouleau.

Il fallait travailler, faire les courses, courir à l’école, gérer les devoirs, les rendez vous, les maladies, les fins de mois, les vacances que l’on ne pouvait pas toujours offrir et toutes ces petites urgences qui, mises bout à bout, finissent par remplir une vie entière.

Pas de pause, pas de remplaçant, pas de bouton off.

À celles qui ont pleuré d’épuisement le soir une fois la porte refermée, puis se sont levées le lendemain, ont préparé le petit déjeuner et remis leur sourire parce qu’un enfant avait besoin de croire que maman tenait la barre.

À celles qui se sont privées de sommeil, de temps, de loisirs et parfois même de réconfort pour offrir à leurs enfants un quotidien plus stable et un avenir meilleur.

Ce courage là ne fait pas beaucoup de bruit. Et c’est justement pour cela que l’on oublie parfois de le voir.

À celles à qui leurs propres enfants brisent le cœur

Et puis il y a une souffrance dont on parle beaucoup moins.

Celle de ces mères qui ont été présentes, qui ont aimé, élevé, protégé, aidé, parfois tout donné, et qui se retrouvent un jour rayées de la vie de leur propre enfant.

Depuis quelque temps, je vois arriver en consultation de plus en plus de femmes complètement anéanties par cette tendance à couper les liens, à mettre un parent en « no contact », parfois encouragées par tout un discours autour des relations « toxiques ».

On bloque. On efface. On ne répond plus.

Comme si vingt ou trente ans d’amour, de présence, de sacrifices et d’histoire commune pouvaient disparaître avec un numéro supprimé d’un téléphone.

J’ai vu des mères que je savais solides sombrer dans la dépression, pleurer toutes les larmes de leur corps et chercher pendant des mois ce qu’elles avaient bien pu faire pour mériter ça.

Des femmes qui avaient traversé des divorces, des problèmes financiers, des maladies, des deuils et qui se retrouvaient pourtant détruites par le silence de leur propre enfant.

Et ce qui me frappe parfois, c’est l’ingratitude. On peut avoir passé des années à se priver pour un enfant, à courir pour lui, à le défendre, à lui donner ce que l’on n’avait pas soi même reçu, et découvrir qu’une fois adulte il ne mesure absolument plus ce que cela a représenté.

Certaines de ces femmes ne demandent même pas qu’on leur dise merci.

Elles voudraient simplement encore compter un peu.

Et au travail, tout n’est pas encore gagné

Les femmes ont conquis leur indépendance, leur place dans le monde professionnel et des responsabilités autrefois réservées aux hommes. Mais ne nous racontons pas d’histoires : l’égalité totale n’est toujours pas là.

Combien ont déjà vu une promotion leur passer sous le nez au profit d’un homme parfois moins expérimenté ou moins qualifié, mais qui semblait, allez savoir pourquoi, davantage « avoir le profil » ?

Combien ont dû prouver deux fois plus pour obtenir la même reconnaissance ?

Je précise une chose : je ne suis pas féministe militante et je ne déteste absolument pas les hommes. Cet hommage n’est pas un procès contre eux.

J’avais simplement envie, après vingt cinq ans passés à écouter toutes ces histoires de vie, de mettre un peu de lumière sur toutes ces femmes.

À celles qui cherchent encore l’amour

À celles qui, après tout ça, ont encore le courage de croire à une belle rencontre et s’inscrivent sur un site de rencontres pleines de bonne volonté.

Et qui découvrent très vite tout un catalogue assez fascinant : photo vieille de dix ans, « célibataire » mais marié, « en instance de séparation » depuis 2018, mythomane professionnel, collectionneur d’aventures, séducteur compulsif ou grand amoureux... de lui même.

À celles qui ont écouté des histoires impossibles, repéré les incohérences au troisième message, découvert une épouse cachée, une autre femme, parfois plusieurs, et qui finissent par se demander si chercher l’amour n’est pas devenu un parcours du combattant.

Mais malgré tout, il reste de vraies rencontres, de belles histoires et des hommes sincères.

Et heureusement.

Parce qu’après les déceptions, les mensonges et les mauvais choix, certaines femmes finissent aussi par rencontrer quelqu’un qui ne leur demande pas de deviner, patienter, supporter ou réparer.

Quelqu’un avec qui les choses deviennent enfin simples.

À celles qui recommencent

Et puis il y a celles qui repartent de zéro à cinquante ou soixante ans.

Après un divorce, une trahison, une maladie, une vie entière consacrée aux autres.

Celles qui doivent apprendre un métier, refaire un CV, comprendre des papiers qu’elles n’avaient jamais gérés, déménager, retrouver leur autonomie et parfois même redécouvrir qui elles sont en dehors d’un couple.

Recommencer quand on croyait sa vie installée demande une énergie folle.

Et pourtant elles le font.

Elles apprennent, se trompent, recommencent encore. Certaines montent un projet, changent de ville, retrouvent des amis, voyagent seules, retombent amoureuses ou découvrent finalement qu’elles sont très bien sans personne.

Elles pensaient avoir tout perdu et découvrent parfois qu’elles viennent simplement de récupérer leur propre vie.

À vous toutes

À toutes celles que l’on ne voit pas assez.

À celles qui ont traversé les séparations, les trahisons, la maladie, la solitude, les fins de mois difficiles, les nuits sans sommeil et les journées où il fallait pourtant continuer.

À celles qui ont eu peur sans le montrer.

À celles qui ont pleuré une fois seules, puis remis leur sourire le lendemain matin.

À celles qui pensent encore qu’elles n’en font pas assez, qu’elles auraient dû être plus fortes, mieux gérer, moins craquer, mieux choisir.

Vous avez souvent fait avec ce que la vie vous donnait, et parfois avec beaucoup moins que ce dont vous auriez eu besoin.

Je ne sais pas si nous sommes plus volontaires, plus endurantes, plus courageuses, ou simplement capables de trouver des ressources là où nous pensions ne plus en avoir.

Je sais seulement une chose : nous avons beaucoup de mérite. Beaucoup plus que nous ne nous en accordons parfois à nous mêmes.

Alors aujourd’hui, j’avais simplement envie de rendre hommage à toutes ces femmes dont j’ai croisé les histoires pendant vingt cinq ans.


À vous toutes, mes sœurs de cœur : Girl power. La force est en nous. ❤️

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